Le droit à l'erreur...

Publié le par Adrien

Il me semble, avec toute la délicatesse que cela implique, que ce qui fait la différence entre une culture anglo-saxone, et latine, ou du moins française, concernant l’entreprenariat, mais de manière plus générale la vie, se retrouve dans l’éducation, familiale et scolaire.

J’entends par là, que dès le début, bien que la société de manière générale soit ainsi, non seulement on ne nous apprend pas ce qu’est l’erreur, mais en plus nous n’avons pas le droit de nous tromper. C’est interdit, comme si c’était illégal !
L’ échec ! Ah quelle horreur !

Certains diront que je stigmatise, ils auront tort. C’est tout à fait comme ça que ça fonctionne.
En France, soit ça marche tout de suite et tu es un bon, soit ça ne décolle pas immédiatement ou tu raccroches et t’es un looser.
Chose impensable aux Etats-Unis ou en Angleterre où l’on va d’abord apprécier le fait que le type est entrepris. Il l’a fait. Ok la première fois n’a pas été la bonne, it’s not a problem, the second one will be…

Et l’on retrouve ça dès l’école.
En Angleterre, on va chercher à mettre en avant les matières dans lesquelles est bon l’élève et le pousser en ce sens (même si c’est une matière artistique), en France on va le pointer du doigt parce qu’il n’est pas assez bon en maths et que les maths c’est un bac S et qu’un bac S c’est le top pour avoir accès à une école de commerce…

Idem dans la recherche d’un emploi ou dans la reconnaissance sociale.
Outre manche/atlantique, on tiendra compte du parcours humain, du profil du candidat plus que de ses diplômes…
Et l’on donnera bien plus facilement sa chance à quelqu’un qui à de vraies valeurs plus qu’a un surdiplômé en manque de confiance qui a enchaîné les grandes écoles.
Il pourra même espérer un salaire égal voir supérieur !

Chose impensable en France !

Parce qu’entreprendre, c’est innover, chercher, inventer, pour pouvoir faire cela, il faut avoir le droit de se tromper. Hors ce n’est pas ce que l’on nous enseigne.
Compétition, culture de la réussite, on oublie de dire qu’avant de décrocher une médaille d’or olympique, un athlète a fait de nombreuses compétitions régionnales qu’il n’a pas toujours gagnées… Est-ce pour autant un mauvais ?

Typiquement Français, cet état d’esprit de winner/looser me fait doucement sourire…

Comme si la vie n’était que réussite.
Le comble, c’est que cette approche nous ait inculqué par des personnes d’expériences qui elles-mêmes se sont trompées, avant d’arriver là où ils en sont. Mais elles l’ont trop vite oublié…
 
Non, je vous le dis, vous le répète, pour entreprendre, il ne faut pas avoir peur de l’échec. L’erreur fait partie de la vie et pour entreprendre, il faut l’accepter et avoir le droit de se tromper.



Est-ce une affabulation de ma part, un trip, une analyse de comptoir ?  Sincèrement, je ne crois pas.

Publié dans Création d'Entreprise

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mc 02/07/2008 12:02


Bonjour,
Je trouve votre article très pertinent. Il est vrai que le culture Française est très rigide quant à la réussite d’un individu. Quand je parle de culture, cela se ressent dans le cadre familial, scolaire, professionnel, sportif… Les français se focalisent sur les échecs sans penser à tirer parti du positif qui en ressort.
Les enfants, dès leur plus jeune âge redoutent de redoubler alors que c’est une chance pour eux d’effacer un échec.
Plus tard lors de la recherche d’emploi, les recruteurs ont tendances à se concentrer sur le diplôme sans prendre en considération les compétences autres du candidat, en effet un diplôme est synonyme d’une formation, d’un apprentissage mais tout cela reste tellement théorique.
En France on constate qu’il a une séparation bipolaire : ceux qui s’en sortent et ceux qui ne s’en sorte pas, la classe moyenne et la classe aisée.
C‘est donc un message pour redonner confiance aux futurs entrepreneurs, qu’ils n’hésitent pas à s’engager dans une création d’entreprise à cause de la peur d’échec. Car l’échec est quelque chose d’humain et d’universel, c’est uniquement l’étroitesse d’esprit des français qui fait de l’échec un acte insurmontable.
Bonne journée

Adrien 04/07/2008 21:14


mc> Les messages d'encouragement aux futurs entrepreneurs sont toujours les bienvenus sur ce blog ;-)


Hugo Charbonnel 27/06/2008 11:39

Bonjour,Je suis entièrement d'accord avec ce que vous dîtes dans votre article. En effet, je trouve qu'en France, une personne qui ne parvient pas à son but premier, est souvent considérée comme un perdant, et cela contribue à le démotiver...Je suis encore dans le cadre scolaire (Licence Professionnelle Gestion des Ressources Humaines en alternance) et je commence à peine à entrer dans la vie professionnelle.Je m'étais fait une réflexion il y a quelques temps, sur le fait que les élèves quelques soient leur âge, considèrent souvent un redoublement comme un échec... Et c'est bien dommage ! J'ai eu la chance de ne jamais avoir à redoubler de classe, mais j'ai pu rencontrer, pendant ma scolarité, un certain nombre d'élèves qui avaient redoublés plusieurs fois et qui étaient complètement démotivés... Bien souvent, ils avaient considéré leur premier redoublement comme un échec, au lieu de considérer cela comme une deuxième chance !Je pense qu'il se passe la même chose au niveau de l'entrepreunariat et que bien souvent un premier échec sera considéré comme fatal, alors qu'il suffit de mettre quelques petites choses au point pour que tout se mette à fonctionner lors du deuxième essai.

RomanJeremie 23/06/2008 17:29

Salut Adrien,Je me retrouve beaucoup dans ton blog, ton expérience et ce post en particulier. Je suis moi même "jeune entrepreneur" (moins de 30 ans c'est jeune en France pour entreprendre) et j'ai fait le même constat que toi par rapport à la culture de l'erreur. Quelqu'un a dit: Le succès c'est aller d'un échec à un autre sans perde sa bonne humeur ! A bientôt, (Nicolas ou RomanJeremie)

Gilles Caye 13/06/2008 11:02

Très juste

Tyler Durden 10/06/2008 08:14

Oui et c'est d'autant plus grave que là où les banquiers, au USA ou en Angleterre, considère qu'un entrepreneur ayant déjà une expérience ratée mais qui remet le couvert a d'autant plus de chance de ne pas se planter deux fois et donc bénéficie d'un surcroît de confiance de la banque, en France on te claque la porte au nez !!! Poussant ainsi les créateurs, ayant effectivement toutes les chances de ne pas se planter deux fois, a aller développer leur idée outre frontière, quelle misère ... Mais j'ai bonne espoir que tout cela change, la France amorce pas mal de renouveau concernant l'entrepreneuriat. 

Adrien 10/06/2008 09:48


Tyler Durden> Exacte! Très bonne remarque. J'aurais pu metttre cet exemple. C'est tout t'a fait ça...  Oui, ça change, à la vitesse de l'escargot... :-)